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28 juin 2007

Centre social Vitré

Vivre de son travail aujourd'hui






Introduction Philippe Randal

Objectif de la soirée :

Aborder un sujet peu débattu à Vitré, un sujet sensible et d’actualité : le travail. Avec des questions concrètes telles que :

- Quel est le vécu des vitréens dans leur travail ?

- Que représente t-il dans leur vie quotidienne ? Comment se conjugue t-il avec leur vie familiale et sociale ?

- Sont il heureux dans leur vie professionnelle ou en souffrent-ils ?

- Le travail leurs permet-il de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille ?

Mais aussi s’interroger sur les politiques locales, départementales, régionales. Aux préoccupations liées au développement économique, à la lutte contre le chômage, à la formation des salariés s’ajoutent d’autres questions telles que :

- Qu’est-ce qu’on peut faire au niveau territorial pour améliorer la qualité de la vie professionnelle ?

- Avec quels moyens ?

Le contexte socio-économique

Localement, les chiffres de l’emploi sont difficiles à croiser selon qu’ils viennent de différentes sources et l’aire géographique considérée. Le bassin d’emploi retenu par les services statistiques de l’ANPE comprend les cantons de Vitré communauté soit 37 communes avec le canton de La Guerche cela fait 45 communes.

Le tissu industriel constitue une forte part de l’activité économique avec 12000 emplois sur environ 26000 (fin 2005). On les trouve surtout dans l’agroalimentaire (SVA, Lactalis…) la métallurgie avec les équipementiers automobiles (Cooper, Alflex…) , le textile cuir (Texier, Coudémail, Noël…)

Ce secteur, comme partout, connaît à Vitré des difficultés lié aux délocalisations, notamment pour le textile et l’électronique (Mitsubishi).

On dénombre également 9000 emplois dans le commerce et les services, puis vient le BTP avec 2000 emplois et le transport.

60% des emplois sont masculins et le taux de chômage est faible (4,6% fin juin 2006). Le pourcentage des femmes sans emploi de 25 à 49 ans est supérieur de +12% par rapport aux hommes et plus particulièrement celui du chômage longue durée avec +24% en 2006. Il y a donc un problème sur l’emploi féminin.

Les salaires sont parmi les plus faibles de Bretagne (en 2000, 1400€ à Vitré, 1512€ en Bretagne).

C'est donc un salariat important, industriel, avec beaucoup de travail précaire (13 agences d’intérim), un niveau de salaire bas et un taux de syndicalisation faible.

***

Intervenants

- Jean-Luc LE BOULCH

Professeur agrégé de sciences économiques et sociales, docteur en sciences économiques et intervenant à l'IEP de Rennes, président du comité d'ATTAC -Dinan)

- Gaëlle ABILY

Conseillère régionale PCF, Vice présidente en charge de l’égalité professionnelle et de la qualité de l’emploi ;

***

Synthèse des interventions

- Jean Luc LE BOULCH

Flexibilité – emploi et conditions de travail

--> Lire l'intégralité de son intervention (fichier PDF)

La victoire de N Sarkosy à la présidentielle a reposé en particulier sur la volonté de rétablir la valeur travail. On peut se demander comment cette thématique a pu s'imposer alors que la réalité du travail en France et des conditions de travail actuelles montrent qu'il s'agit là d'une insulte aux salariés français :

1)Les travailleurs français ont l'une des productivité horaire les plus fortes du monde

2)Les salariés français travaillent autant voir plus que les autres :

3)Les conditions de travail se durcissent :

- la généralisation du taylorisme dans les services accroît la pénibilité du travail

- Le néo-taylorisme flexible impose des contraintes supplémentaires liées au juste à temps qui accroît le stress et les cadences

- Les maladies professionnelles sont en extension

Le manque de flexibilité sur le marché du travail serait responsable de notre niveau élevé de chômage, voilà l’argument libéral.

La France compense une réglementation élevée associée au CDI par un recours important aux formes d'emplois précaires (intérim, CDD, CNE, etc).

La réforme des 35 heures a conduit à la généralisation de la flexibilité horaire dans les entreprises dans le cadre de l'annualisation du temps de travail

Un CDI n'est pas un emploi à vie (et comporte une période d'essai qui peut aller jusqu'à 6 mois). Une entreprise, à condition de justifier son licenciement et en acceptant de payer des indemnités de licenciement, peut licencier en fonction de sa situation économique

En France, en moyenne chaque jour, l'économie française détruit 10 000 emplois et crée environ 10 000 emplois. De quoi permettre une adaptation de l'économie française aux fluctuations des marchés !

Le développement des emplois précaires a donc été parallèle à celle des chômeurs : la flexibilité s'est développée en même temps que le chômage.

Le contrat nouvelles embauches (CNE) installé en août 2005 par le gouvernement Villepin, apparaît comme la réponse libérale française à ce besoin impérieux de flexibilité des entreprises françaises. Le succès du CNE repose largement sur une substitution avec les autres contrats de travail plus avantageux pour les salariés : selon une étude récente du ministère de l'emploi, seulement 8 % des patrons qui ont embauché en CNE déclarent qu'ils ne l'auraient pas fait si le CNE n'avait pas existé (les contrats en CNE se sont alors substitués massivement à des contrats en CDI et CDD).

la droite libérale nous montre en exemple la Grande Bretagne et le Danemark, qui grâce à la généralisation de la flexibilité ont réussi à gagner la bataille du chômage.

L'emploi en France sur cette période a augmenté de 2 520 000, alors qu'en Grande Bretagne, il n'a augmenté que de 1520 000 : La France, avec son modèle rigide a créé un million d'emplois en plus que le modèle flexible britannique.

le Danemark, qui grâce à son système de « flexicurité », associe faible protection de l'emploi et forte indemnisation du chômage. Mais entre 1990 et 2005, l'emploi danois a progressé modestement de 1,7 %, alors qu'en France, il a progressé de 11,2 % !

Conclusion : Pourquoi alors vouloir généraliser la flexibilité avec le contrat unique de travail ?

Les économistes considèrent que le degré de flexibilité n'est pas le déterminant majeur de l'évolution de l'emploi et de la croissance (qui repose sur la progrès technique et les gains de productivité et des politiques conjoncturelles adaptées). Généraliser le flexibilité, c'est placer le salarié dans une situation d'incertitude, de plus grande dépendance, de moindre intégration dans l'entreprise et qui permet un rapport de force plus favorable au patronat pour imposer des conditions de travail et de rémunération moins favorables au salarié.

La généralisation de la flexibilité a comme seule conséquence prévisible : un partage de la valeur ajoutée moins favorable aux salariés qui la subisse et une dégradation des conditions de travail.

***

- Gaëlle ABILY

L'action pour l'emploi de qualité au Conseil régional

On peut constater l’intensification des conditions de travail, la modification même de la nature du travail, le développement de nouvelles formes de travail, le développement des services …

On assiste à une grande offensive pour faire passer l’idée que le changement ne peut aller que vers plus de flexibilité et de libéralisation. L’idée même de progrès social serait ringarde et serait la cause des difficultés actuelles. C’est sur ce thème que Sarkozy a été élu avec le vote d’un certain nombre d’ouvrier et de salariés.

Il n’y a pas moins d’Etat mais les finances publiques sont mises au service des plus riches. LE SMIC n’augmenta pas, instauration de la franchise médicale, idée de la TVA sociale, c’est faire payer le plus grand nombre au profit d’une réforme de la fiscalité qui va voir l’impôt des plus riches baisser.

C’est un Etat qui va dépenser moins pour l’intérêt général et recentrer vers ceux qui en ont le moins besoin, c’est à dire les grandes entreprises.

La politique de l’emploi ne relève pas des Régions, c’est une compétence qui relève des politiques nationales. Cependant, les Conseils généraux ont un levier d’action pour intervenir en finaçant des aides aux entreprises.

Sur les 65 milliards distribués aux entreprises (y compris les exonérations de charges), la participation des 22 Régions représente 6 milliards.

En Bretagne, en février 2007, un vote oblige les entreprises qui bénéficient de fonds publics de la Région, ont l’obligation d’agir dans cinq domaines :

- la qualité de l’emploi, s’engager à améliorer les conditions de travail. En Bretagne, on constate notamment un accroissement des maladies liées au stress.

- la formation. Les entreprises s’engagent à former les salariés sur des formations qualifiantes et pas uniquement sur des formations d’adaptation à un poste sans autre perspective.

- L’égalité professionnelle. En plus de la précarisation, il y a un développement des inégalités entre les hommes et les femmes. Par exemple, les femmes se forment sur 5 et 7 secteurs d’activité alors que les hommes s’orientent sur l’ensemble des 31 secteurs. Même si elles réussissent mieux à l’école, elles occupent les emplois les plus précaires, elles subissent le temps partiel imposé, les bas salaires et jusqu’au montant de la pension de retraite.

- Le développement durable. Responsabiliser l’entreprise sur le respect des critères environementaux.

- Le dialogue social. Comment l’entreprise respecte ses obligations de concertation, de représentation syndicale. seulement 50% des entreprises de plus de 50 salariés ont mis en place un comité d’entreprise. En dessous de 50 salariés, nous sommes attentifs à toute proposition d’innovations à condition qu’elles soient prises ne accord avec les salariés.

Ces cinq obligations ont pour objectif de partir des réalités de chaque secteur d’activité. Etablir un diagnostic sur ces cinq points, puis définir les engagements sur les actions à entreprendre. En commençant par le secteur du bâtiment, il faut traiter les deux problèmes du recours massif à l’intérim et du travail au noir.

C’est de notre responsabilité d’élus de dire à quoi doivent servir les fonds publics et le développement souhaitable pour la Bretagne doit s’appuyer sur les hommes et les femmes qui font l’activité des entreprises.

***

Quelques Interventions.

(l’ensemble des débats n’a pas pu faire l’objet d’un enregistrement)

- Revenons sur les deux « modèles » danois et anglais.

Au Danemark, la flexsécurité inclue une protection sociale en cas de chômage. Au Royaume uni, le taux de chômage est faible mais le taux de pauvreté est élevé.

JL Le Boulch. En voulant fusionner tous les contrats, la volonté est de généraliser une logique de flexibilité. An Danemark, le salarié peut perdre son emploi très facilement, il y a une rotation de l’emploi très forte, mais les indemnités sont très généreuses. Or en France, une partie des chômeurs n’est pas indemnisée. Et Sarkozy veut baisser les prélèvements et les ramener à 40%. En baissant les prélèvements, on ne peut pas augmenter les allocations. On va donc vers le côté « flexibilité » mais pas sur celui de la « sécurité ».

Au Royaume uni, le taux de pauvreté est de l’ordre de 20%. Il n’y a pas énormément de création d’emploi mais ce sont surtout des emplois à temps partiel. Ceux qui ont les bonnes compétences pour le marché du travail savent les vendre, pour les autres, les salaires stagnent.

- Témoignage des conditions de travail chez Texier

On est vraiment individualistes dans le travail, il n’y a plus de solidarité. Les ouvriers sont mis en compétition les uns avec les autres, ils sont presque des adversaires. On a un nouveau chef de production, on doit remplir des fiches de production, tout est calculé à la seconde près. On est rabaissé, la pression est continuelle. Si les ouvrières rendent un copie blanche, elles ont un avertissement et elles ne sont pas payé de leur journée.

P.Randal.Il ne faut pas idéalisé la situation qui existait il y a quelques années. Il y avait déjà de la souffrance au travail, mais ce n’était pas vécu de la même façon. Elle était traitée plus collectivement. C’est une nouvelle forme de management qui a écalté le tissu de solidarité qui existait. Donc selon moi, et en tant que syndicaliste, la solution individuelle a ses limites.

-Témoignage : « les suites d’ un licenciement… »

Après un licenciement après 20 ans de travail chez Texier, Sofail ou Coudémaille, les personnes ont souvent du mal à se réadapter à un nouvel emploi surtout lorsque celui ci est fait de missions successives, en intérim renouvelé de semaine en semaine. Il faut par exemple travailler à la « Brioche dorée » où il faut chaud et ensuite dans l’agroalimentaire dans une entreprise où il y a des températures de moins 10°. Les cadences aussi sont difficiles pour quelqu’un qui n’a pas le temps de s’adapter.

Par contre la reconversion peut aussi être réussie dans des emplois où il n’y a pas le stress du rendement et où il y a une reconnaissance de la part de l’employeur.

- Témoignage d’un salarié de Thomson à Cesson

Je rencontre des salariés en souffrance, ce n’est pas toujours lié au travail, c’est parfois plus compliqué. Il y a une évaluation du stress en cours dans l’entreprise.

Je ne comprends pas : avec les 35 h, les cadres qui souhaitent passer au forfait jour peuvent le faire et pour les autres salariés, les heures supplémentaires sont possibles. Constat : 70% de salariés ont choisi le forfait jour ou les heures supplémentaires. Il y a une contradiction : on souffre au travail et on en redemande un peu plus !

Témoignage : le CNE

J’étais stagiaire dans une entreprise avec une maîtrise. J’ai d’abors reçu une promesse d’embauche. entre temps est arrivé le CNE et on me l’a proposé, j’étais donc reparti pour deux ans de précarité.

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