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Texte 4 (09/09/2007)

Emploi et conditions de travail :

pour des emplois de qualité

--> Texte au format PDF

Notre démarche est de construire un projet et des propositions à partir des débats et des rencontres que nous organiserons tout au long de l'année 2007.

Ces textes que nous avons rédigés collectivement, font donc suite aux débats dont vous pouvez lire une synthèse sur les pages "Débats et rencontres". Ils pourront évoluer, être amendés, être complétés par d'autres propositions.

***

L’accélération de la mondialisation libérale serait une fatalité à laquelle il faudrait que chacun s’adapte. C’est oublié de dire que cela résulte d’un choix, politique et idéologique, imposé par des groupes financiers internationaux, relayé par les gouvernements des principales puissances et par les institutions internationales (OMC, FMI, Banque mondiale…).

Cela s’accompagne aussi dans les pays développés d’une remise en cause de "l’Etat providence", de son désengagement au profit des intérêts privés, d’une diminution de son rôle en matière de protection sociale et de menaces sur le fonctionnement des services publics.

Les entreprises doivent s’adapter aux fluctuations du marché. La localisation des productions est dépendante des marges financières que peuvent retirer les actionnaires.

Un nouveau modèle salarial nous est imposé sensé permettre au marché européen de rivaliser avec ses concurrents d’Asie, d’Afrique du nord ou d’Amérique : emplois précarisés, flexibilité, bas salaires…

A Vitré, la délocalisation de Mitsubishi en Chine après seulement douze années et d’importantes aides financières octroyées, a été un désastre pour des centaines de salariés.

Les entreprises traditionnelles locales (Coudémaille, Texier, Sofail, Nounours …) ont, elles aussi, réduit leur personnel et leur avenir reste très préoccupant.

Pourtant avec 4,2% de demandeurs d’emploi en mai 2007, Vitré a le plus faible taux de la région (moyenne Ille et Vilaine = 6,4%). C’est le résultat d’une mobilisation et d’une bataille quotidienne des acteurs économiques locaux et des élus afin de soutenir et de diversifier les entreprises locales et d’attirer de nouveaux emplois.

Cela reste cependant fragile : la part prépondérante des emplois se trouve dans le secteur industriel, principalement dans l’agroalimentaire. Le secteur tertiaire, davantage employeur de personnels féminins, se développe peu. Si les chiffres globaux baissent, la proportion du chômage féminin est, elle, en hausse (54% en 2003, 58% en 2005, 61% en mai 2007).

Ce faible taux de demandeurs d’emploi, qui ne prend en compte que ceux classés en catégorie 1, cache de nombreuses situations de précarité.

Dans les entreprises vitréennes, les salaires restent généralement bas, au niveau du SMIC. De plus, nombreux sont les salariés à temps partiels ou ceux alternant les CDD (y compris dans le secteur public). Ce n’est pas un hasard si onze agences d’emplois intérimaires sont implantées à Vitré.

Une étude régionale de l’INSEE et de la CAF en 2002, notait que beaucoup de Bretons sont à la limite de la pauvreté ; leurs revenus ne dépassaient pas 60% du revenu médian (taux de pauvreté=50% du revenu médian).

Ces travailleurs pauvres, nous les trouvons aussi à Vitré parmi les familles monoparentales et parmi les couples avec enfants dont un seul des conjoints travaille.

De façon générale, les salariés de la région de Vitré ne disposent pas d’un grand pouvoir d’achat.

Aux faibles revenus, s’ajoutent des conditions de travail de plus en plus difficiles. Il est demandé aux salariés d’accroître à la fois leur productivité et de s’adapter (et adapter leur vie familiale) à des horaires décalés, à des rythmes et à des postes de travail continuellement changeants. Comme le chômage, la flexibilité a un coût social. Généraliser la flexibilité, c’est placer le salarié dans une situation d’incertitude, de moindre intégration dans l’entreprise.

Alors que le faible taux de chômage à Vitré devrait permettre aux salariés d’obtenir de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires, la quasi absence de mouvements sociaux et la faible représentativité syndicale ouvrière les maintiennent dans une stratégie individuelle préjudiciable.

ViVA souhaite agir sur l’économie locale et l’emploi en avançant cinq priorités :

- Réduire le chômage ET promouvoir un emploi de qualité.

Pour nous ces deux préoccupations doivent être liées.

La municipalité de Vitré, avec les élus communautaires ont aussi un rôle important pour montrer que le progrès social est possible à Vitré.

Des fonds sont offerts aux entreprises afin de réduire leurs charges lors de leur installation sur le territoire. La collectivité pourrait demander en contrepartie qu’elles s’engagent à :

  • favoriser le dialogue social, en respectant ses obligations de concertation et de représentation syndicale,
  • développer la formation de leurs salariés,
  • améliorer les conditions de travail,
  • favoriser l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes.
  • Par ailleurs, les entreprises sont aussi partie prenante de l’effort commun pour la préservation de notre environnement. Il apparaît donc essentiel, pour nous, de sensibiliser aussi les chefs d’entreprise au respect de l’environnement vitréen, de respecter les critères environnementaux et de s’inscrire dans un développement durable.

- Développer les emplois du secteur de l’environnement

La préservation de l’environnement génère des besoins nouveaux, source d’activités et d’emplois.

C’est pourquoi nous proposons de favoriser le développement de ce secteur économique sur le territoire de Vitré communauté :

  • par l’aide aux implantations d’éco-entreprises. Elles sont au service des collectivités et des entreprises, dans les domaines de l’assainissement et de la gestion de l’eau, de la récupération et du traitement des déchets,
  • par l’aide aux implantations des entreprises qui interviennent sur le secteur : développement des énergies renouvelables (éolien, solaire, aérothermie, géothermie …),
  • par le soutien aux PME du BTP et aux artisans qui répondront à la demande pour l’utilisation de nouveaux matériaux respectueux de l’environnement et pour l’installation de nouveaux modes de chauffage,
  • en stimulant l’offre et la demande en produits et en services écologiques par la fiscalité, par des achats publics, notamment pour l’équipement des services et des bâtiments publics.

- Soutenir les projets d’économie sociale et solidaire (ESS) pour entreprendre autrement

Se positionnant en dehors de l’économie de marché classique et du secteur public, un certain nombre d’initiatives ont pour priorité la solidarité et la lutte contre l’exclusion et la protection de l’environnement. Très innovantes par l’exploration de nouvelles niches d’activités, par la recherche de financements éthiques, elles sont portées le plus souvent par des associations, des coopératives et des mutuelles.

L’économie sociale et solidaire est une réponse pertinente pour permettre aux groupes de personnes sans grands moyens financiers de créer leur activité. Elle répond à des besoins locaux émanant directement des citoyens.

De plus, elle est basée sur des principes favorisant l’émancipation et la participation des individus : démocratie dans les processus de décision, autonomie de gestion… Mettre l’humain avant le profit. Les travailleurs de l’ESS sont donc au cœur de leur entreprise.

Les besoins auxquels peut répondre l’ESS sont nombreux et sont parfois partiellement pris en charge déjà sur le secteur de Vitré, citons par exemple :

  • la réduction de la fracture numérique : formation informatique aux logiciels de bases, aux logiciels libres et à internet,
  • la lutte contre les problèmes de dépendance aux médicaments, tabacs, drogues, alcools, jeux vidéo : groupes de discussion, soutien… contre les problèmes d’obésité : apprendre à cuisiner, notamment les légumes de saisons que nous avons trop souvent oubliés,
  • l’aide à la parentalité pour un mieux vivre dans les foyers : lieu de rencontre entre les parents et avec des pédopsychiatres… (exemple : Café des parents, Le Mans),
  • la lutte contre l’échec scolaire et la déscolarisation : cours de soutien scolaire,
  • l’aide à l’alphabétisation : cours de français aux étrangers, ateliers lecture et écriture de différents niveaux,
  • la sensibilisation et éducation à la protection et au respect de l’environnement,
  • la possibilité à chaque enfant de pouvoir manger des produits biologiques à la cantine (exemple : SCIC agricole qui livrerait directement aux cantines scolaires et développerait une filière locale non délocalisable),
  • la réduction des gaspillages et les déchets informatiques ou électroménagers (exemple : entreprise d’insertion spécialisée dans le recyclage de cartouches d’encres),
  • ...

Afin de soutenir et de promouvoir le secteur de l’ESS, nous pourrions mettre en place plusieurs actions :

  • au niveau intercommunal, créer un poste de chargé de mission d’ESS : il serait chargé de lier les différents acteurs de l’ESS existants sur le territoire et de les aider dans l’évaluation de projet déjà en place,
  • créer un espace d’initiatives afin de permettre à la population, notamment aux jeunes, de se regrouper pour échanger des idées, monter leurs projets et créer leurs activités, intégrer cet espace dans une maison des associations,
  • favoriser l’implantation de SCIC (société coopérative d'intérêt collectif), d’entreprises d’insertion et de mutuelles pour développer la variété de l’offre du bassin d’emploi, faire des appels à projets, inciter leur implantation en proposant des moyens matériels et financiers,
  • aider à la création de SCOP (sociétés coopératives de production), notamment en formant à l’entreprenariat les travailleurs qui subissent la fermeture d’une usine.

- Préserver l’emploi public

Nous sommes très attentifs à l’évolution des emplois publics. Nous ne pensons pas qu’il soit judicieux, à Vitré, de ne pas remplacer un agent public sur deux qui part en retraite.

En effet, il y a des besoins en terme d’accueil de la petite enfance, d’accompagnement de la jeunesse, de maintien à domicile des personnes âgées, d’entretien de la voirie, de sécurité etc. C’est par une gestion sérieuse des ressources humaines que pourront être assurées ces missions.

Des priorités sont sans doute à dégager qui peuvent entraîner des redéploiements dans les services, mais une gestion au coup par coup par la multiplication de contrats précaires ne permet pas une sécurisation des agents, empêche leur évolution de carrière et ne rend pas, au final, un service de qualité aux habitants de la ville.

Nous proposons, avec les représentants syndicaux des agents municipaux de :

  • faire un bilan social de tous les services municipaux,
  • lancer un calendrier de « déprécarisation », en favorisant l’accès aux concours et en titularisant dès que possible, (exemple : les aides ménagères au CCAS ou les professeurs de l’école de musique)
  • soutenir une véritable représentation syndicale dans les services, gage de dialogue social interne.

- Prêter une attention particulière aux secteurs créateurs d’emplois non délocalisables.

Les leçons du passé proche nous ont appris que les secteurs industriels en prise avec la mondialisation et la concurrence des pays émergents à bas salaires sont amenés à se délocaliser selon le bon vouloir des actionnaires.

Sans doute, à l’avenir, face aux coût des transports dépendant d’une énergie se raréfiant, certaines activités seront amenées à se relocaliser. Mais actuellement, aucune stabilité de l’emploi n’est garantie sur plus de 10 ans.

Quels emplois faut-il alors aider ?

Ce socle d’entreprises stables, générateur d’emplois garantis, peut être construit localement en favorisant ce qui n’est pas délocalisable : tourisme, agriculture, services aux personnes, « tiers secteur » (ESS), artisanat, commerce, environnement, énergies renouvelables…

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